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Traité de rudologie

On reproche à ma corporation, de temps à autre, de jouer aux chiffonniers et de trouver matière à articles sensationnels en fouinant, comme les chats et les chiens errants, dans certains récipients réputés être malodorants particulièrement en été (une invention utile au demeurant, sortie du cerveau d’un fonctionnaire, Eugène-René Poubelle, préfet de la Seine, pour ceux qui l’ignoraient encore). Certains impudents vont jusqu’à éplucher les noms de propriétaires de comptes bancaires en Helvétie ou visionner des vidéos de manifestation afin de vérifier que les policiers sont bien des policiers. Il faut dire que les détritus sont un sujet d’étude remarquable, surtout dans l’achat public. J’en ai plusieurs preuves. D’abord ce contentieux hexagonal lié au ramassage des déchets ménagers qui remet sur le tapis une question tarabustant tous les acheteurs : une offre est-elle anormalement basse ou les prix des autres candidats sont-ils étonnamment élevés ? (lire notre article). Ensuite cette mise en demeure de la Commission européenne adressée à l’Autriche au sujet du contrat de nettoyage d'un site de déchets dangereux. Bruxelles reproche au pouvoir adjudicateur d’avoir rédigé un cahier des charges qui ne garantissait pas un accès égal aux candidats - j’adore ces doux euphémismes communautaires - (lire notre info). Enfin la bonne affaire des hôpitaux charentais qui en louant des bennes et des compacteurs ont réduit leur facture de collecte et d’enlèvement et optimisé le recyclage de leurs bio-déchets  (lire notre article). Cependant, je vous rassure, la rédaction n’a pas eu besoin de fouiller dans une décharge pour trouver le projet de décret de la DAJ révisant les contrats publics et soumis à consultation jusqu’au 10 septembre (lire notre info), dénicher l’espace dédié à la dématérialisation mis en ligne par Bercy (lire notre info), ou récupérer cette affaire de la CJUE relative à la preuve de l’équivalence entre le produit fourni par le candidat et le produit d'origine demandé dans le cahier des charges (lire notre article). Bon allez, je mets un point final à cet édito encombrant. Même avec du tri sélectif, tous les métiers ont leurs parts d’ombres et de mauvais côtés, y compris le Père Noël qui est (parfois) une ordure. A la semaine prochaine,  peut-être.

Jean-Marc Binot